L’amour représente un engagement spirituel profond qui exige, au-delà des fluctuations émotionnelles et des défis du quotidien, de faire le choix conscient de nourrir quatre valeurs essentielles au sein de son couple et de sa famille : l’amour, la miséricorde, la joie et le contentement.
L’amour véritable : se décentrer de soi-même

L’amour authentique (al-hubb, al mawaddah) se manifeste par la volonté et l’action d’apporter tendresse, joie et bonheur à son partenaire. Cette démarche nécessite de sortir de soi-même, de mettre de côté ses propres désirs, besoins et craintes.
Trop souvent, nous sommes absorbés par nos propres attentes et aspirations au point que l’autre n’existe qu’en fonction de leur satisfaction. L’amour véritable nous libère de toute forme d’égocentrisme et nous propulse vers quelque chose de plus grand : vers notre partenaire, notre famille, notre communauté, et vers Dieu.
La miséricorde : soulager la souffrance de l’autre

La miséricorde (al-rahmah) constitue la volonté et l’action de soulager les souffrances et d’alléger les épreuves de son partenaire. Elle représente cette force qui nous pousse à agir au service de l’autre, semblable à l’amour d’une mère envers son enfant.
La joie et le contentement : la gratitude en toutes circonstances

La joie et le contentement représentent la volonté et l’action de se réjouir de ce que nous possédons, ou de partager le bonheur de l’autre, même lorsque nous-mêmes sommes dans une situation moins favorable. C’est partager mutuellement les sources de joie et exprimer la gratitude : al-hamdulillah (Louange à Dieu) en toute situation.
Concrètement, cela signifie accepter le détachement, renoncer à vouloir constamment posséder, gagner ou avoir raison. La joie et le contentement priment sur la possession. Ces valeurs permettent de préserver l’amour malgré les désaccords, offrant la capacité de pardonner et de surmonter les épreuves.
En cultivant ces quatre valeurs directrices, chaque personne peut s’élever spirituellement et refléter les attributs divins.
De l’attraction à l’amour pour Dieu : les niveaux de l’amour

Il existe une différence fondamentale entre désirer, ressentir un sentiment amoureux, aimer, et finalement aimer pour Dieu.
Lorsqu’on désire une rose (qu’elle symbolise une femme ou un homme), on l’arrache du sol pour la posséder. Lorsqu’on éprouve un sentiment amoureux, on l’arrose quotidiennement, mais temporairement. En revanche, quand on aime véritablement, on l’arrose constamment, dans la durée, chaque fois qu’elle en a besoin, en prenant soin d’elle.
Mais lorsqu’on aime une rose pour Dieu, on prend soin non seulement d’elle, mais également du jardin et de l’écosystème entier dans lequel elle s’épanouit : les autres plantes, les arbres, les insectes, l’eau, l’air… Car on comprend que si le jardin ou l’écosystème souffre, la rose souffrira également.
Aimer pour Dieu : se mettre au service de plus grand que soi
Aimer pour Dieu signifie se mettre au service de quelque chose qui dépasse soi-même et son couple : au service de sa famille élargie et de sa communauté. Aimer son épouse pour Dieu, c’est s’élever spirituellement pour apprendre à voir comme Il voit, à aimer ce qu’Il aime, à agir comme Il agit.
Aimer pour Dieu, c’est chercher à plaire au Créateur en toute chose, être un refuge pour son épouse, même lorsque le désir ou les sentiments s’affaiblissent, même quand la routine menace le couple. On atteint cette dimension intérieure lorsqu’on devient un refuge pour son partenaire, un vêtement protecteur et une aile bienveillante, indépendamment de son état émotionnel du moment.
Plus une personne s’efforce d’agir pour Dieu et de Lui plaire, plus son cœur, son regard et ses actions se transforment et s’ennoblissent jusqu’à refléter les attributs divins.
Comme l’affirme le hadith qudsi : « Dieu le Très-Haut a dit : Parmi tous les moyens employés par Mon serviteur pour se rapprocher de Moi, rien ne M’est plus agréable que l’accomplissement de ses devoirs. Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par des œuvres pieuses jusqu’à ce que Je l’aime. Une fois que Je l’ai aimé, Je deviens son ouïe avec laquelle il entend, sa vue avec laquelle il voit, sa main avec laquelle il combat et son pied avec lequel il marche. S’il Me demande alors quelque chose Je la lui donne et, s’il se met sous Ma protection, Je la lui accorde. »
Aimer au nom de Dieu, aimer pour Dieu, c’est refuser perpétuellement d’être prisonnier de ses limites, de sa frustration, de sa colère, de son désespoir et de son désordre intérieur.









