Socrate et Xanthippe : quelle sagesse face à une épouse difficile ?

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Socrate, célèbre philosophe grec passionné par la quête de sagesse, partageait sa vie avec Xanthippe, une épouse au caractère particulièrement éprouvant. Peu importe son prénom – qu’elle s’appelle Fatima, Sophie ou Jessica – ou ses origines – qu’elle soit marocaine, belge ou canadienne. Quelle que soit sa confession – juive, musulmane, chrétienne ou sans religion. Il s’agit avant tout de l’histoire d’une épouse au tempérament difficile et d’un époux cultivant la sagesse. Cette situation aurait tout aussi bien pu être inversée : un mari insupportable face à une femme sage. Cette narration revêt un caractère universel : elle transmet à chacun d’entre nous un enseignement fondamental concernant les relations amoureuses, l’union matrimoniale, l’épanouissement personnel et la recherche de sagesse.

L’amour, le mariage, le bonheur et la sagesse ne constituent pas des concepts théoriques déconnectés de notre réalité. Ils n’acquièrent leur véritable signification qu’à travers l’existence concrète, auprès d’individus authentiques, au sein de nos épreuves journalières. Xanthippe représentait véritablement une compagne complexe à côtoyer, perpétuellement morose et lunatique, sans cesse occupée à exprimer son mécontentement et à quereller son époux. En résumé, Socrate subissait régulièrement l’humiliation conjugale.

Le philosophe portait probablement une part de responsabilité dans l’aigreur de son épouse. Sa négligence atteignait des sommets considérables. À titre d’exemple, lorsque sa femme le chargeait de faire les emplettes, il s’égarait dans d’interminables discussions philosophiques dans les ruelles athéniennes. Ses enfants souffraient de la faim pendant que le sage débattait avec quelque citoyen fortuné…

Le divorce comme solution évidente ?

En observant l’existence du couple formé par Socrate et Xanthippe, la réaction spontanée consiste à s’exclamer : « Séparez-vous donc ! Il vaut mieux la solitude qu’une mauvaise compagnie ! ». Le mariage constitue une institution précieuse que l’islam encourage pour tous. Parallèlement, l’islam, en tant que sagesse à portée universelle, propose également le divorce comme issue face à des situations conjugales jugées intolérables par l’homme et/ou la femme. Chacun doit évaluer si la séparation représente une meilleure option que le maintien de l’union.

La fuite perpétuelle face aux difficultés

Notre mentalité contemporaine nous incite constamment à rechercher davantage de satisfaction immédiate et à éviter les obstacles et contrariétés de l’existence quotidienne. Confrontés à toute circonstance pénible ou déplaisante, nous tendons à privilégier systématiquement l’évitement de la difficulté et l’option la plus confortable : abandonner, remplacer son conjoint plutôt que persévérer et se transformer intérieurement.

Tout comme nous délaissons un smartphone qui présente des dysfonctionnements, un emploi dans une société qui commence à nous rendre malheureux : nous n’hésitons plus aujourd’hui à quitter notre épouse lorsqu’elle ne répond pas aux attentes dans l’intimité ou aux fourneaux ; nous abandonnons notre mari lorsqu’il échoue à manifester le romantisme espéré ou à assurer la stabilité financière escomptée…

Les conséquences du changement permanent

De même qu’en renouvelant constamment nos téléphones, nous épuisons et contaminons l’environnement ainsi que les travailleurs contraints de s’adapter à notre cadence de consommation ; en multipliant les changements d’employeur, nous finissons épuisés, raison pour laquelle de nombreux jeunes diplômés d’établissements prestigieux recherchent désormais leur accomplissement dans des initiatives porteuses de valeur, loin des grandes corporations ; en enchaînant les partenaires, nous nous retrouvons usés sentimentalement, écartelés entre un idéalisme irréalisable et un cynisme qui empoisonne l’existence.

À force de multiplier les relations, nous vivons de plus en plus dans la solitude. Par conséquent, renouveler perpétuellement de partenaire constitue le problème et non la solution à la crise conjugale et familiale que nous traversons. L’individu qui esquive systématiquement la difficulté de la vie à deux ne peut que sombrer dans la plus profonde détresse : être condamné à l’isolement et à l’incapacité de se tolérer lui-même.

Les prétextes modernes de la séparation

Actuellement, nous disposons de toutes les « bonnes » justifications pour nous séparer : « Je ne ressens plus rien », « Ma belle-famille m’insupporte », « Je ne la/le trouve plus attirant(e) », « Elle m’exaspère », « Il privilégie sa famille et ses amis », « Ses ronflements m’empêchent de dormir », « Elle a pris du poids », « Il a perdu son emploi »… Nous possédons toutes les « bonnes » raisons de vivre en célibataire ou en couple discontinu. Les véritables raisons de former un couple et de persévérer ensemble durablement deviennent étrangement ardues à identifier.

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