L’amour : une graine plantée dans le coeur de chacun

Question au Coran : qu’est-ce que l’amour ?

L’amour est une loi universelle de l’attraction et de l’attachement qui relie un couple. C’est un état intérieur universel, inscrit dans la nature humaine dont chaque homme et chaque femme est le dépositaire.

Dans la langue arabe, le terme hubb ou amour signifie littéralement « graine », une graine que toute femme et tout homme porte en lui. Cette graine agit dans le cœur comme un aimant qui pousse chacun à faire couple.

L’amour est donc une loi naturelle universelle de l’attraction et de l’attachement entre un homme et une femme. Plus encore, Dieu créa toute chose selon cette loi de l’attraction et de l’attachement, donc de la complémentarité et de l’interdépendance : entre les couples humains, entre les couples de végétaux, entre les couples d’animaux, entre le jour et la nuit, etc. Tout ce qui existe dans l’univers est gouverné par la loi universelle du couple, al-qanûn al-zawjîyah, existe par zawj, par deux, par paire, par couple :

« Louange à Celui qui a créé tous les couples de ce que la terre fait pousser, d’eux-mêmes, et de ce qu’ils ne savent pas ! ».[1]

« N’ont-ils pas observé la terre, combien Nous y avons fait pousser de couples généreux de toutes sortes ? ».[2]

En effet, par exemple, dans notre univers physique, les particules s’unissent pour former des atomes ; les atomes s’unissent pour former des molécules ; les masses atomiques se concentrent, par la force de la gravitation, pour former des étoiles, etc.

Ainsi, la loi universelle du couple signifie pour l’homme et la femme que l’amour, que la sexualité et le plaisir font partie de l’ordre naturel et moral : ils font partie de ce qui est bon pour tout homme et toute femme. Par conséquent, faire des enfants n’est pas le but unique du mariage mais un but parmi d’autres.

L’amour est une force naturelle d’attraction et d’attachement entre un homme et une femme :

« C’est une passion naturelle qui naît de la vue de la beauté de l’autre sexe et de la pensée obsédante de cette beauté ».[3]

« Il est donc certain que l’amour est un état de complaisance spirituelle et de fusion des âmes »[4].

Et à quoi voit-on que deux personnes s’aiment ?

Par le fait qu’elles sont aimantées l’une par l’autre, comme en témoigne Ibn Hazm :

« Mon œil ne se repose sur nul autre que toi. Il semble que ce qu’on raconte des propriétés de l’aimant s’applique à toi »[5].

Ce dernier nous offre des indices pour observer les signes de l’amour qui aimante et relie un homme et une femme : passer son temps à regarder ou à écouter celle qu’on aime ; s’empresser à aller là où se trouve l’aimée et avoir du mal à en prendre congé ; l’avare qui devient généreux, le lâche qui devient courageux, celui qui ne prend aucun soin de sa tenue vestimentaire qui se met à sophistiquer son apparence, celui qui montre un visage strict qui resplendit de joie, ou l’ignorant qui se cultive pour plaire à sa bienaimée ; s’intéresser à l’entourage de la bienaimée plus qu’à son propre entourage ; s’intéresser à sa bienaimée, s’informer à son sujet, épier tous ses mouvements, ses gestes ainsi que ses relations ; imiter l’aimé dans ses gestes, aimer ce qu’il aime, utiliser ce qu’il a utilisé, être à l’unisson avec le corps du bien-aimé au point d’être malade en même temps que lui, trouver plaisants tous les discours qui concernent l’aimé et trouver beaux ses habits, approuver ce que le bien-aimé fait ou dit, même lorsque l’on n’est pas d’accord…

Lorsqu’un homme et une femme sont ainsi aimantés l’un par l’autre, le mariage est la suite naturelle de leur amour. D’ailleurs, dans la langue arabe coranique, al-zawj (le couple), est de la même racine que al-zawâj, c’est-à-dire le mariage. Car Dieu nous rappelle que faire couple, se marier, c’est rejoindre l’ordre universel naturel qui est composé d’une infinité de couples. En s’unissant par le mariage – al-zawâj – l’homme et la femme s’unissent avec le monde, avec la mer, les étoiles, les plantes, avec tout ce qui vit. Se mettre en couple et se marier est un seul et même mot, un seul et même engagement en islam. Se marier est quelque chose de naturel, d’aussi naturel que le sentiment amoureux.

Si l’univers est contraint d’agir selon des lois naturelles, l’homme, la femme, le couple est appelé à agir librement selon des lois morales. Chacun est ainsi appelé à aimer, à faire couple, à se marier, en toute liberté, pour être en harmonie avec sa nature.

L’amour est une graine (hubb) naturelle que Dieu a plantée dans le cœur de chaque homme et de chaque femme. Le mariage est l’art de cultiver la graine de l’amour dans toutes les petites choses de la vie quotidienne, pour en donner de bons fruits : de la joie, de la paix, du bonheur, de la fraternité, de l’entraide, des enfants, etc. Le mariage est le meilleur chemin, pour faire tenir ensemble un couple et pour donner une variété de bons fruits.

Mère Térésa nous rappelle que l’amour n’est pas ce sentiment intense qui nous sort de l’ordinaire mais cette belle chose qui se cultive dans les petites choses de la vie quotidienne :

« Ne vous imaginez pas que l’Amour, pour être vrai, doit être extraordinaire. Ce dont on a besoin, c’est de continuer à aimer. Comment une lampe brille-t-elle, si ce n’est par l’apport continuel de petites gouttes d’huile ? Qu’il n’y ait plus de gouttes d’huile, et il n’y aura plus de lumière, et l’époux dira : ‘Je ne te connais pas’.  Mes amis, que sont ces gouttes d’huile dans nos lampes ? Elles sont les petites choses de tous les jours : la joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l’humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, notre manière de faire silence, d’écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’agir. Voilà les véritables gouttes d’Amour qui font brûler toute une vie d’une vive flamme ».[6]

 

Notes :

[1] Coran 36 : 36

[2] Coran 26 : 7

[3] Ibn Hazm (2004), Le collier de la colombe. Les affinités de l’Amour dans la tradition arabo-musulmane, Editions Iqra, traduction de Léon Bercher, p47

[4] Ibn Hazm (2004), Le collier de la colombe. Les affinités de l’Amour dans la tradition arabo-musulmane, Editions Iqra, traduction de Léon Bercher, p26

[5] Ibn Hazm (2004), Le collier de la colombe. Les affinités de l’Amour dans la tradition arabo-musulmane, Editions Iqra, traduction de Léon Bercher, p33

[6] Mère Térésa

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